Le premier sujet de débat est:
Citée fondée sur la rive nord de la Méditerranée en l'an 600 avant J.C Superficie:23 000 hectares Population:800 000 en 1990
Bien sûr il y a la Méditerranée, ses rues étroites, ses immeubles aux tons ocres , aux toits rouges et leurs terrasses ensoleillées. Bien sûr il y a le quartier du Panier (datant de l'antiquité) qui domine le Vieux Port. Marseille, premiére commune de France par sa superficie est constituée de 111 villages,111 quartiers (1). Le centre ville est déchiré par les interventions des Temps Modernes: - reconstruction d'une rive du Vieux-Port après les destructions de la 2de guerre mondiale, - construction du centre commercial Bourse dans les années 70, - pénétration des infrastructures autoroutières dans la ville dans les années 50-60. Les rapports dans la Ville ne se font plus entre Centre Ville et Périphérie. L'infrastructure autoroutière, étendue sur tout le territoire communal, permet d'avoir des pratiques de type américains: - on fait ses courses dans des centres commerciaux qui ont la taille de petites villes sans autre fonction que commerciale,enchassées dans un noeud routier, - on travail dans des zones industrielles isolées de toute autre fonction, - on habite dans des zones pavillonnaires ou dans des citées HLM et autre résidence boisée. Le tout s'effectue en voiture, avec des durées de trajet de plus en plus court au faire et à mesure que le réseau autoroutier étend sa toile d'araignée. Les viaducs d'autoroutes viennent froler les façades d'immeubles, et des noeuds de plus en plus complexes déversent leurs flôts de voiture jusque dans le centre ville. On a même construit un tunnel sous le Vieux-Port de Marseille pour relier les autoroutes entre elles. Pendant ce temps, le piéton cherche desespérement sa place dans Sa ville: les voitures sont autorisées à se garer à cheval sur les trottoirs qui sont souvent déja réduit à la portion congrue! Quant aux "zones", commerciales ou autres, leur accès à pied tient à la fois du parcours du combattant, d'un raid dans le désert du Sahel et de la traversée des pistes d'un Grand Prix de Monaco! Le choix de privilégier la voiture a été fait. Un américain ici ne serait pas dépaysé, juste un peu surpris de l'étroitesse des rues. Pourtant, Marseille échappe au destin des villes américaines. Même si son centre se dépeuple, il n'y a pas d'effet de "ghetto". Quand les agglomérations urbaines s'étendent, les points de repères s'éloignent. Les centres urbains continuent d'exister mais leur échelle, leur éloignement du lieu d'habitation, du quotidien, font que l'individu ne peut s'y identifier. Son sentiment d'appartenance à une ville ne peut se faire qu'à travers des points de repères à l'échelle de son quartier. Les 111 villages qui composent Marseille structurent le tissu urbain et permettent de trouver cette centralité à échelle humaine. Ici, les "jeunes des banlieues" ne se sentent pas en Banlieue, car la Banlieue EST Marseille. Le fait d'habiter ailleurs qu'en centre ville n'est pas perçu comme une exclusion. D'ailleurs, les riches armateurs Marseillais du XIX ° siècle n'avaient de cesse de se faire construire des Bastides en dehors du centre ville. (1) C'est au XVI° siècle que la ville a commencer à s'étendre au delà des remparts qui l'entouraient.
Mais c'est surtout au XIX° siècle qu'elle engloba les 111 villages qui sont aujourd'hui ses 111 quartiers.
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Commentaires 1
Il me semble important d'apporter quelques precisions:
1. Cette " agglomeration aléatoire" des espaces dont vous parlez n'a
rien d'hasardeuse; elle est le résultat de choix, ou de l'abscence
de choix politique, et ces espaces tels que je les décrit n'ont rien
de poétique à mes yeux.
2. Marseille est une ville americaine par son aspect tentaculaire, et où
les espaces se spécialisent de plus en plus. On y voit aussi un phénomène
de dépeuplement du centre ville, ou plutôt un départ
des populations appartenant au couches moyennes de la société
vers des quartiers périphériques. Ils laissent la place ( par
des mécanismes de marché immobilier) à des population
paupérisées, captives, souvent d'origine étrangère.
A coté d'un centre ville appauvri est en train de se construire un
centre d'affaire , une "City" Marseillaise, dans le cadre de l'opération
Euroméditerranée.
Marseille est sans aucun doute en mouvement à différents endroits,
mais ces mouvements restent compartimentés!!!
"Clivage riche-pauvre résolu par la communication méditerranéenne..."
Non, non et non! c'est une image d'Epinal. La séparation entre les
quartiers Nords et les quartiers Sud ( qui en fait regroupent tout ce qui
n'est pas quartiers nord) est extrêmement présente dans les mentalités
et surtout dans la façon dont les Marseillais pratiquent leur ville.
Et l'histoire de l'arrière grand père pauvre jouant avec le
fils du notable appartient au domaine du fantasme; la ségrégation
existante est entre:
- les immigrés et leur enfants, originaires d'Afrique du Nord en grande
majorité
- et les "français", en fait les blancs et catholiques, qu'ils soient
riches ou pauvres.
Leurs grand-pères respectifs ont eu peu de chance de jouer ensemble....
Oui, l'échelle humaine ne peut disparaitre dans cette ville. Marseille est constituée de 111 villages qui sont une chance pour cette ville, car chaque village donne une référence spatiale à échelle humaine, et c'est peut être en cela que Marseille ne sera jamais complètement une "ville américaine" , même si la tentation est grande.
Isabelle Sarkis-Alibert
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